Pour La Dignité de la Femme

Pour La Dignité de la Femme

Vivre notre dignité

Vivre notre dignité

Par Ingrid Lindemann,

présidente de la fédération des femmes pour la paix,  Allemagne

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Définition

Disons d'abord quelques mots sur ce qu'on entend par ce terme de « dignité ».

Dans le vieil allemand « wirdi », ou l'allemand médiéval « wirde », nous percevons un lien sémantique avec la notion de « valeur ».[1] Ces proximités de sens se retrouvent probablement dans diverses langues, nous éclairant sur le contenu et la signification de la dignité.

Le premier à parler d'une « dignité de l'être humain » fut le philosophe de la Renaissance Pic de la Mirandole. Son discours sur la dignité humaine (De hominis dignitate - 1486/87) montre que l'homme est libre de déterminer sa nature selon sa volonté propre. Pic de la Mirandole met en valeur la liberté de l'homme et son don divin de se hisser à la vision des secrets les plus profonds de l'univers. Il affirme littéralement : « suprême et admirable félicité de l'homme! Il lui est donné d'avoir ce qu'il souhaite, d'être ce qu'il veut. » Richard Bach fait dire à peu près la même chose à son goéland Jonathan : « Nous sommes libres ; libres de voler où bon nous chante, et d'être ce que nous sommes … »

La dignité est donc en nous depuis le tout début de notre vie.

Le philosophe Emmanuel Kant parlait d'une dignité universelle en chaque être humain : « Chaque personne honore la dignité humaine dans sa propre personne ; a le droit au respect des autres, à cause de ladite dignité humaine ; et doit en retour, respecter la dignité humaine de ceux qui sont les plus proches d'elle … »

Cela signifie qu'il importe d'abord de m'attribuer cette dignité à moi-même et de ne pas en avoir le moindre doute. La dignité est un trait immanent, une nature innée de l'être humain, indépendamment de facteurs comme l'âge, l'intelligence, la compétence ou le genre.

Et pour nous les femmes – comment se manifeste cette dignité en nous ? Comment trouver un moyen d'entrer en contact avec notre dignité ? Réfléchissons à notre unique et précieuse personnalité, et faisons abstraction des divers avis religieux ou idéologiques portés sur les femmes. Il est temps d'apprendre à nous chérir nous-mêmes, de réaliser que nous possédons des valeurs spéciales, des dons et des talents dont notre société a désespérément besoin. Le monde cherche aujourd'hui des valeurs féminines. On le voit même en politique : on élit ou désigne de plus en plus de femmes pour représenter leur peuple.

Prendre conscience de nos qualités féminines spécifiques renforcera notre amour-propre et nous aidera à comprendre que sans nous les femmes, et sans des qualités féminines également chez les hommes, la société et le monde ne pourront aller plus loin dans la paix et le développement. Dès que nous aurons profondément gravé ces merveilleuses capacités dans notre conscience, nous retrouverons notre dignité.

Exercice : Trouver notre dignité de « Reine intérieure »

Voulez-vous toutes vous lever, s'il vous plaît ?

Mettez votre main droite sur la poitrine et inspirez profondément. Ce faisant, vous vous sentez prendre de l'importance. Donnez-vous du volume, regardez devant vous, en vous tenant bien droites. Puis, calmement, expirez mais en restant tout aussi « volumineuse ». Répétez cet exercice trois fois et écoutez votre être intérieur. Sentez comment, en vous, votre reine intérieure, votre dignité, se réveille et continue de croître. Veuillez vous asseoir.

Cette dignité de la reine intérieure je l'ai découverte après une opération du dos. Pendant deux mois, il me fut seulement permis d'être debout et de marcher. Mon corset me forçait à me redresser. Je n'avais le droit qu'à des pas menus pour éviter d'épuiser mon dos. En même temps, je devais m'assurer que les muscles de la région lombaire demeuraient tout le temps tendus.

Reconnaître notre masque

Il fallut une sacrée volonté pour y arriver. Je fus forcée d'ôter le masque. D'ordinaire, je me serais faite plus petite, en marchant plutôt avec les épaules basses et le dos rond.

Nos masques du quotidien sont devenus un mécanisme protecteur pour pouvoir éviter les coups. Sommes-nous conscientes de ce masque ? Cherchez-vous à vous grandir ou à vous faire plus petite ? Êtes-vous toujours gentilles, amicales et prêtes à aider, ou plutôt distantes ? Jouez-vous à être qualifiée et avoir confiance en vous ou jouez-vous à vous faire plus impuissante que vous ne l'êtes vraiment ? Voulons-nous satisfaire notre entourage et plaire à tous ? Chacune est différente ; mais nos différents types de comportements ne sont souvent que des masques et pas le moi réel. Notre vrai « moi » est parfois si profondément enfoui sous le masque que nous-mêmes n'arrivons plus à le discerner.

Aujourd'hui je vous invite à entamer la découverte du vrai « moi » et donc entrer en contact avec votre dignité de Reine intérieure. Pourquoi parler d'une dignité de « Reine » en nous ? Après mon opération, une amie me rendit visite. Ma nouvelle façon de marcher parut l'enchanter. Elle disait que je marchais avec un port de reine. 

Cette découverte du vrai « moi » derrière notre masque sera sûrement un processus et un vécu très différents d'une personne à l'autre. On n'y arrivera sûrement pas en l'espace d'un weekend. Cela dit, nous pouvons sûrement toutes découvrir quelque chose de nouveau. Nous pouvons faire un bout de route ensemble et tracer dans les grandes lignes quelle sera la suite du voyage.

Être authentique 

Depuis notre naissance, notre dignité de Reine est en nous, notre moi authentique. L'enfant, la petite fille y avait accès assez librement, jusqu'à ce que les demandes toujours plus pressantes de l'environnement nous fassent rentrer dans le rang. Nous allions nous couler dans l'attitude qui nous donnerait un air plus aimable au regard de notre entourage. Nous avons par là-même renoncé à une partie au moins de notre être.      

Là se situe la différence entre se renier et se donner totalement. Se renier ne signifie rien d'autre que renoncer à notre personnalité, nous abandonner, perdre notre moi, notre Reine intérieure, notre dignité.

Se donner pleinement, c'est au contraire offrir ce que l'on est, puiser dans la richesse intérieure de reine ; nous restons ce que nous sommes, et le don de soi devient la base de l'amour vrai. Voyez Mère Theresa, nous savons toutes qui elle est. Elle s'est donnée à fond dans ce qu'elle voulait accomplir et cette femme a toujours rayonné de dignité.

Être soi-même : voilà comment on se rend plus aimable et attachante pour les autres, car on est authentique.  Alors seulement on sera reconnue comme une personne de plein droit, respectée, aimée et digne de confiance,  et que perd-on à vivre d'une façon sincère ? Quelqu'un nous rejettera peut-être car nous n'entrerons pas dans son schéma de la féminité. Mais nous sommes nous-mêmes, nous sommes honnêtes et notre vie gagne en valeur et en dignité.
 
Garder notre sens de la dignité

Que les autres nous traitent comme ils veulent, ne nous sentons jamais victimes pour autant. Notre dignité est un don de Dieu, elle est universelle, et pèse davantage que le verdict rendu par tel ou tel. En général, les femmes se laissent prendre aux compliments des autres. On voit souvent les femmes ou les filles se faire avoir par les hommes, espérant trouver l'amour en retour. Elles pardonnent leurs maris ivres mille fois, subissant les bleus et les humiliations, espérant que la situation changera pour le mieux ! Les hommes se feront aussi aider, si nous tenons fermement à notre dignité et cherchons l'assistance des services des conseillers conjugaux. Se contenter d'endurer n'est pas la bonne réponse. Nous n'avons pas besoin d'avoir honte ; c'est notre droit d'être appréciées en tant que femme. Se passer du jugement des autres, cela s'apprend, en affirmant constamment que nous sommes créées à l'image de Dieu avec une valeur éternelle. Perdre le contrôle de nos émotions, accuser ou juger les autres nous prive de notre sens de la dignité.

Notre vie est une œuvre d'art

Vous êtes-vous trouvées dans des situations qui vous mettent à bout ? épuisement, stress, insomnie, maladie, tout arrive à la fois. Or, combien de fois passons-nous là-dessus ? D'après mon expérience personnelle, je peux dire : trop souvent ! Encore et encore, nous continuons, une petite pause par ci, un antidépresseur par là, et nous voilà reparties. Le spectacle doit continuer. Que doit-il se passer avant que nous puissions enfin écouter notre corps et dire « non » pour de bon ? Nous les femmes devons tout payer à un prix trop élevé. Ne connaissons-nous pas ce sentiment que tout s'écroulera si « je ne m'y mets pas » ? Souvent, nous sentons aussi que nous n'avons pas fait assez – que nous n'avons jamais donné assez, même si on a beaucoup donné. Mais il viendra un moment où nous serons amenées à « faire » les choses sans éprouver aucune joie. Tout a été fait, mais l'essentiel fait défaut – et pour être plus précise, c'est exactement à cause de tout ce sacré reniement. Notre activisme finira par nous éloigner de notre créativité spirituelle et de notre propre développement.

C'est à nous de façonner nos vies, d'être ainsi co-créatrices de notre propre « moi ». Pic de la Mirandole voyait la dignité des personnes dans l'auto-détermination et le libre développement de leur caractère. Toutes les autres créatures croissent selon les lois. Seul l'être humains a l'option, en d'autres termes, le mandat divin, de prendre part à sa propre création. Cela signifie embrasser avec amour notre part dans le processus de création en nous disant que cette part précisément nous appartient en propre. C'est notre royaume, nul ne doit y entrer. Sous cet angle, un sanctuaire se dresse en nous que nous pouvons remplir de tous nos aperçus et expériences, notre salle du trésor céleste. « C'est 100% moi, nul ne peut y toucher ou interférer. » Cette pensée me remplit de joie.

Découvrir nos qualités et cultiver nos talents, cela demande de nous concentrer et de nous investir à fond et chaque nouvelle journée est excitante et stimulante. Si nous nous laissons absorber dans le mystère de la féminité, il ne reste pas de temps pour critiquer, être insultées, ressasser des regrets sur des illusions irréalistes. Nous en viendrons à réaliser que notre bonheur ne dépend pas des autres mais se trouve plutôt en nous-même. En nous accordant à nous-même l'estime, l'approbation et l'amour que nous attendons toujours des autres auparavant, les désirs de notre cœur seront comblés et nous serons en paix avec nous-mêmes. C'est la meilleure base d'un travail pour la paix et nous dégagerons cette paix sans faute pour notre entourage, en sachant déceler les changements correspondants.

C'est là un aspect de la dignité de l'être humain, la dignité des femmes. Cela implique d'écouter notre moi intérieur et d'avoir des aperçus sur la façon de construire notre vie selon les circonstances et le temps. Notre vie est une œuvre qui n'appartient qu'à nous.
 
S'accepter soi-même ; accepter sa vie

Le bouddhisme fait de la sympathie pour notre humanité un but élevé qui est en même temps synonyme de rédemption. Jésus disait : Aime ton prochain comme toi-même. Là réside la plus grande difficulté – s'accepter soi-même, au quotidien, avec un amour inconditionnel.

Ne pas arriver à reconnaître notre propre valeur intrinsèque et combien on peut être aimable et aimante, est le plus grand désavantage ou handicap pour laisser rayonner notre dignité de reine.

J'aimerais vous faire partager cette belle citation de Maître Eckhart, prêcheur dominicain, théologien et mystique du Moyen Age : « s'aimer soi-même, c'est aimer tous les autres au même degré. Tant que vous aimez autrui moins que vous-même, vous ne vous aimez jamais véritablement vous-même - quand vous n'aimez pas tous les autres autant que vous vous aimez vous-même, tous les être humains réunis en un seul : et cette personne est Dieu et homme (ou femme). Il est donc bien vrai que cette personne s'aime elle-même et aime les autres tout autant, et c'est bel et bon. »

Accepter nos erreurs

Depuis des siècles, les sentiments de culpabilité sont les compagnons des femmes. En enquêtant sur les interprétations religieuses des Saintes Ecritures, sur l'origine de tous les maux de la condition humaine, on arrive à la femme, première à pécher, entraînant notre séparation d'avec Dieu.

Dans la philosophie grecque aussi, la femme se révèle fort dégradée ; l'éducation patriarcale n'a fait qu'accentuer le trait. D'où évidemment une conscience toujours très vive de nos fautes, de notre culpabilité. Cette conscience, nous la laissons nous paralyser. Il est important de nous absoudre pour ces fautes, et de ne pas rester prises au piège de ces sentiments de culpabilité. Mieux vaudrait se servir de ces supposées fautes et en tirer des leçons.

Encore une fois, cela implique de nous aimer nous-mêmes inconditionnellement – telles que nous sommes, avec nos angoisses, nos faiblesses, notre rage, notre lassitude, nos peines et nos tensions et avec la vigueur sauvage, la force et la douleur. Dès que nous pouvons nous aimer aussi inconditionnellement au point de pouvoir embrasser tout cela, nous pouvons alors aimer les autres autour de nous de la même façon. Car ce que je n'ai nul besoin de rejeter en moi, je n'ai pas à le rejeter, et encore moins le combattre en autrui.

Reconnaître nos années d'activité

Une étape suivante est de reconnaître ce que nous avons accompli. Nous regardons toutes en arrière sur nos nombreuses années d'activité. De plus, sur la base de ce que nous avons déjà accompli, on ne peut que bâtir, pourvu que nous sachions nous accorder la reconnaissance légitime. Cela signifie que nous laissons derrière nous la fausse modestie et cessons de nous comparer aux autres pour voir comment faire comme elles. Qu'importe ce qui a été « fait » ou « pas fait » – nous n'avons pas échoué.

Sur un plan universel, nous sommes toutes en train de grandir et d'apprendre. La somme de nos expériences constitue les fruits de notre vie. Tout ce que j'ai construit, appris et accompli intérieurement, je suis la seule à le savoir. Et là, nulle autre que moi ne tient les comptes et ne peut donner de reconnaissance.

Le temps, un don de la création

Changer prend du temps comme toute croissance. Le temps fait partie du processus créatif. Il nous est donc permis d'utiliser ce temps comme un cadeau que nous fait la création et de refuser toute impatience avec nous-mêmes. Les rythmes de la nature nous le montrent : la vraie croissance a souvent lieu dans une apparente inactivité ; elle commence parfois dans l'obscurité et ne devient visible que lorsque les pousses sortent su sol. Cela est précédé par un temps de maturation caché dont l'œil ne voit rien. « Le créateur donne de son être, de sa féminité il offre le temps » nous dit Friedrich Weinreb. Son livre « Dieu la mère – le côté féminin de Dieu » explore les sources du savoir ancien dans le judaïsme. L'activité à tout prix, telle qu'elle est exigée par les schémas patriarcaux n'a ici aucune espèce d'importance, et la personne patiente attend que les développements se fassent naturellement, comme un processus inhérent à tout ce qui vit.

Bien définir l'objectif de notre âme

Une fois en route vers notre dignité de reine intérieure, tout ce qu'il reste à faire est de découvrir les forces, rêves, capacités et désirs qui se trouvent en nous. J'appelle cela explorer le but de notre âme, autrement dit donner un sens profond à notre existence ; à ne surtout pas confondre avec les responsabilités extérieures. Pour se lancer dans cette voie, il est absolument essentiel de donner du temps à cette exploration et de se familiariser toujours plus intimement avec notre reine intérieure. Cela passe par l'étape d'examiner notre vie à la loupe.

La différence entre ce qui nous aide et ce qui, d'un autre côté, nous bloque, c'est seulement chacune d'entre nous individuellement qui pouvons le trouver.

Désirs et visions

Dans les tout premiers stades de notre croissance, nous les femmes étouffons souvent nos désirs et nos visions avec des pensées telles que : « Je ne peux pas le faire de toute façon, je n'ai pas le temps pour cela, ce n'est pas réaliste, c'est au-dessus de mes forces, personne ne le comprendrait, et personne ne l'accepterait ! » Tout au long de l'histoire, les femmes ont essuyé tant de rebuffades, ont été blessées si fréquemment que nous l'avons, inconsciemment, intériorisé. Combien de femmes se disent qu'elles n'ont que ce qu'elles méritent ?

L'explication peut se trouver dans un manque de réalisation du but intérieur de notre âme. Alors, apprenons à désirer. La plus grande force intérieure jaillit de l'énergie d'une vision personnelle. Une vision, des souhaits et des concepts clairs vous donnent du courage et vous font surmonter toute domination venue du dehors. Ces visions peuvent revêtir des contenus très divers, surtout pour tout ce qui touche à notre avenir personnel, les changements dans notre ville, ou des thèmes généraux tels que la dignité des femmes, la paix dans le monde, la protection de l'environnement, et la lutte contre la faim dans le monde et tant d'autres choses. Sitôt affranchies de nos masques, nous commencerons à nous sentir de plus en plus liées au monde, en nous apercevant que nous en faisons partie. Les visions et désirs sont comme un feu en nous. Nous n'avons rien à redouter. Qu'il reste allumé en nous et brille de tous ses feux.

Le pouvoir du point de vue des femmes

Ce feu intérieur peut parfois nous effrayer, tant nous sentons tout le pouvoir qu'il nous donne. Nous n'avons vu du pouvoir que l'aspect négatif donné par la gente masculine. Jusqu'ici, le pouvoir nous a valu la peur, l'oppression et la domination du dehors.

D'où l'importance pour nous les femmes de déclarer notre pouvoir, de le déployer avec sagesse, d'exercer une influence positive sur le monde qui nous entoure. Un monde de paix ne pourra prendre forme que sur la base d'un vrai partenariat. 

La position de la femme au sein de l'univers

Pour ce qui touche à notre position dans la famille, la société et l'univers, nous les femmes avons reçu un fardeau  historique spécial à porter. « La femme n'a accès à Dieu que par l'homme »  Cette maxime a tenu bon dans bien des religions pendant des siècles. Seule la théologie féministe a montré la place toute particulière déjà faite aux femmes par Jésus. Margot Kaessman, une femme évêque protestante, disait dans un entretien à Die Zeit : « La théologie  a mis beaucoup de temps à admettre non seulement la légitimité du point de vue féminin mais de plus sa perspective respectable. Seule la théologie féministe a amené une prise de conscience des images de Dieu féminines et maternelles dans la Bible et élevé les récits bibliques sur des femmes connues et pour beaucoup inconnues sur une plan de respect. »

Les possibilités contemporaines d'un féminin qui occuperait sa position originelle, représentent l'accomplissement du cycle de la vie humaine, de l'individu aux partenaires mariés puis au monde. La conscience maternelle grandissante, et la compassion pour les affamés et les enfants en détresse dans le monde, et une sollicitude dans le vrai sens d'une responsabilité pour la famille mondiale, deviendront des réalités.

Notre tâche réelle est d'occuper la position prévue pour nous, pour chacune d'entre nous exclusivement. Les mots « tâche » ou « responsabilité » peuvent nous faire flancher, ces termes étant pour nous synonymes de difficultés et d'efforts. Or faut-il qu'il en soit ainsi ? Pas forcément. Une fois que nous occupons correctement notre position et la place qui nous correspond et qui nous revient, la force requise commencera à affluer, l'univers coopérera avec nous. Une fois que nous avons fait ces premiers pas, nous verrons que cela devient plus facile et moins ardu d'être nous-mêmes que de nous abriter derrière notre masque. Quand nous serons vraiment nous-mêmes, nos yeux s'ouvriront devant la richesse de la vie, sa joie et sa beauté. La tâche nous comblera alors des joies de la vie et nous deviendrons créatrices de notre futur.

 

Jalons

Ce ne sont là que quelques jalons pour se mettre sur la voie. Chacune d'entre nous a aussi certainement ses propres indicateurs personnels. Je songe déjà à notre table ronde.

La femme libre en nous même, la dignité de la reine intérieure, est une femme qui sait ce qu'elle veut. Bien sûr,  nous ne serons pas toujours – et particulièrement au commencement de ce chemin – libres de toutes nos peurs, nos sentiments de culpabilité ou nos soucis. Mais nous ne laisserons pas nos sentiments nous manipuler davantage. Nous découvrirons de nouvelles sphères en nous-mêmes. Le joie de faire des choses et la joie dans les moments de repos contemplatif seront en équilibre dans notre vie quotidienne. Notre corps nous remerciera lui aussi que nous lui donnions sa part de dignité, de santé et de soins.

Les nombreux changements intérieurs apporteront, après l'étonnement initial, des changements dans notre entourage. Une fois que la perception que nous avons de nous-mêmes connaît ces changements, il en sera également ainsi de la perception que les autres ont de nous. Plus que cela – c'est seulement si les choses bougent en nous qu'elles bougeront aussi dans le monde, eu dehors de nous. 

Les Nations unies ont déclaré la Décennie de la culture de la paix et de la non-violence pour les enfants du monde. C'est un monde qui n'est pas dominé par la peur et qui repose sur une nouvelle forme de vie où chaque homme et chaque femme peut vivre dans la dignité.

Nous pouvons contribuer à ces nouvelles formes de vie. Dans une déclaration de l'UNESCO sur la contribution des femmes à une Culture de la Paix, il est dit : « Seulement en tant que femmes et hommes ensemble dans l'égalité et le partenariat nous pourrons vaincre les difficultés, le silence et le désespoir et assurer la compréhension, la volonté politique, la pensée créative et les activités concrètes qui sont nécessaires pour une transition globale d'une culture de violence à une Culture de Paix. » Elever notre conscience et vivre notre dignité sont les premières étapes, le fondement des étapes suivantes. Nous ferions bien de commencer ici et maintenant.


Merci beaucoup pour votre attention.
 
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[1] L'auteur de cet article, Mme Ingrid Lindemann, est de nationalité allemande

 

 



30/01/2008
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