Pour La Dignité de la Femme

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La vision de la "théorie du genre" par Tony Anatrella

La Vision de la "théorie du genre" par Tony Anatrella : entre l'invective et la caricature

Nous reproduisons ici deux courts extraits de l'abondante littérature de Tony Anatrella sur ce qu'il appelle la théorie du genre. Ils nous semblent vraiment significatif de la façon très négative dont le psychanalyste catholique conçoit la question.

 

Pour une analyse plus approfondie : 

 

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«L’idéologie du «gender» est un concept anglo-saxon récent (1950) qui veut dire que nous appartenons tous au même genre humain. L’anthropologie biblique et chrétienne, mais aussi la philosophie personnaliste, le reconnaissent déjà en parlent de l’homme au sens de l’humanité englobant l’homme et la femme. Mais ce fait prend un autre sens dans la théorie du «gender», quand on affirme que l’on parle des deux sexes en même temps dans la mesure où il n’y a pas de différence entre l’homme et la femme puisqu’il y a du féminin et du masculin dans chacun des deux. 

 

Dans cette nouvelle idéologie le genre symbolise à lui tout seul les deux sexes et remplace ce que l’on appelait encore récemment le genre masculin ou le genre féminin. Le livre d’Elisabeth Badinter, L’un et l’autre, a vulgarisé cette conception en soulignant que la distinction des hommes et des femmes comme êtres sexués a une identité  qui se décline suivant des appartenances multiples ; féminin et masculin sont des qualités dont la mobilité entre les sexes serait évidente.

 

L’idéologie du «gender» trouve en partie sa source dans le marxisme et dans le structuralisme et s’est trouvé justifiée par un courant de la psychanalyse lacanienne. Elle a a été aussi influencée par les théories de Wilhelm Reich qui rejette tout contrôle de la sexualité, et celle de Herbert Marcuse qui dénie tous les pouvoirs pour le retour à l’état naturel. Le «gender» vise également à détruire les familles en s’inspirant de Marx pour la lutte des classes et d’Engels chez qui cette lutte oppose l’homme (le maître) et la femme (l’esclave). La famille hétérosexuelle et monogamique serait le lieu par excellence où la femme est exploitée et opprimée par l’homme. La libération de la femme passe donc par la destruction de la famille. Une fois libérée du joug marital et du du fardeau des maternités, la femme pourra occuper sa place dans la société de reproduction. 

 

En s’inspirant du structuralisme, l’idéologie du «gender» considère en outre que chaque culture produit ses règles de conduite. La culture traditionnelle doit être dépassée - assure-t-on, «car elle opprime la femme». Les femmes doivent prendre la tête d’une nouvelle révolution culturelle, et celle-ci produira de nouvelles règles de conduite. Cette nouvelle culture considère que la différence entre les sexes n’a aucun fondement naturel ; elle est apparue à une certaine époque de l’histoire et le moment est venu qu’elle disparaisse, car cet épisode de l’odyssée humaine est révolu. L’ère du Poisson (hictus) est terminée ; nous sommes entrés dans dans le Nouvel Age. 

 

En réalité - affirment les idéologues du «gender» -, les différences de rôles entre l’homme et la femme sont d’origine purement historique ou culturelle : elles sont le produit d’une culture en voie d’extinction. Le sentiment maternel est né au XVIIIe siècle, mais la nouvelle culture «dématernisera» la femme. Cette culture devra abolir toutes distinctions, relents anachroniques de l’âge de «l’oppression de la femme par l’homme» et souvenir insoutenable du temps des inégalités entre eux. Dès lors, cette nouvelle culture, que l’idéologie du «gender» appelle de ses voeux et que l’ONU diffuse systématiquement, exige la destruction de la famille à laquelle est accolé à l’adjectif «traditionnelle».

 

Selon cette culture «déclassée», l’homme et la femme ont des rôles naturellement différents dans la transmission de la vie. La famille est la conséquence naturelle du comportement hétérosexuel de l’homme et de la femme. La nouvelle culture, quand à elle, nie toute importance à la différenciation génitale de l’homme et de la femme. Comme cette différenciation est réputée insignifiante, les rôles de l’homme et de la femme sont strictement interchangeables. Dès lors, l’hétérosexualité, telle qu’elle s’exprimait traditionnellement dans la famille, est privée du statut spécifique dont elle jouissait dans la culture traditionnelle. Il s’ensuit que, puisque les rôles liés aux différences génitales sont condamnés, des mots comme mariage, maternité ou paternité n’ont plus aucune importance. Signe remarquable de l’emprise de cette idéologie : le mot maternité a pratiquement été balayé du document final de la Conférence de l’ONU de Pékin (1995) sur la population. Tout comme celle de New York excluait l’homme de la procréation et celle de New York (2000) continuait de dénier la différence des sexes et à vouloir imposer une autre définition de la famille que celle composée à partir d’un homme et d’une femmes et des enfants. 

 

Ici l’hétérosexualité et la monogamie apparaissent à nouveau comme un cas de pratique sexuelle à côté de divers autres cas et sur le même pied que ceux-ci : homosexualité, lesbianisme, bisexualité, travestisme, unions consensuelles diverses, etc. Les règles de conduite de la culture dite ancienne doivent être supprimées. Le doit à la liberté sexuelle des individus dot être proclamé ; il ne doit être assorti d’aucune contrainte, d’aucune limitation. L’anthropologie individualiste appelle une éthique résiduelle, qui ne peut qu’être utilitariste et hédoniste. Elle ne peut s’accompagner d’aucune responsabilité vis-à-vis d’autrui.

 

Extrait de :  ANATRELLA, Tony (décembre 2000) «Le Conflit des modèles sexuels contemporains. A propos du concept de «gender», Revue d’éthique et de théologie morale, n°215, pp. 29-74.

 

 

Pour faire accepter (une) nouvelle conception de la sexualité humaine dans le monde, il faut travailler à un changement radical de la société. Il est donc conseillé aux militants du gender (féministes et homosexuels) de s’engager dans des lieux de pouvoir où l’on décide du sort du couple, du mariage, de la famille, de l’éducation des enfants (en particulier l’éducation sexuelle que des associations homosexuelles veulent faire dans les écoles pour, prétendent-elles, lutter contre l’ «homophobie»), en prenant appui sur les médias. Un programme qui est déjà en cours de réalisations dans certains établissements scolaires. Il n’est pas certain que les parents veuillent que l’on éduque leurs enfants à partir de l’homosexualité. L’étude de la théorie du gender est inscrite dans le programme des plupart des disciplines dans toutes les universités ; ainsi se diffusent ses notions au nom de la volonté de construire un monde plus égalitaire et sans discriminations. Derrière des propos apparemment généreux, se cache une véritable entrepris de sape qui s’en prend délibérément à tout ce qui pourrait rappeler et signifier la différence sexuelle. Le christianisme est le premier visé. Il s’agit de montrer que la notion de nature masculine et de nature féminine est une idée contraire à l’égalité. Selon les tenants du gender, avant d’être hommes ou femmes, nous sommes d’abord des êtres humains tous égaux, le marquage sexuel n’étant pas plus important que la couleur des cheveux. Seul le désir sexuel de chacun permet de définir socialement la sexualité. Une vision négationniste de la différence sexuelle. 

 

(...) Cette idéologie profite, pour s’imposer, du climat de suprématie de l’individualisme et du subjectivisme dans la société libérale. Elle donne lieu à un tel engouement qu’elle fascine de très nombreux intellectuels, et notamment des sociologues et des psychanalystes, suscitant le même aveuglement qu’en son temps le communisme. Les médias se chargent de la répandre sans le moindre esprit critique. Leur pensée militante a force de loi. Il en était de même, il y a quelques années, avec le communisme lorsque des intellectuels, des comédiens, des artistes et des médias s’en faisaient les chantres. Ils reprochaient même à leurs détracteurs de faire de l’ «anti-communisme primaire» alors que ceux-ci avaient raison de lutter contre une philosophie qui, voulant le «bonheur» des hommes, a fini par massacrer des millions en détruisant leur culture et leur économie. Il a fallu beaucoup de temps, et la chute du mur de Berlin, pour qu’ils comprennent l’erreur dans laquelle ils entraînaient la population. Mais que de dégâts en nom ! L’histoire, qui ne se répète pas, voit néanmoins les mêmes mécanismes apparaître, en d’autres termes, avec la théorie du gender l’homosexualité. Il s’agit de nier le couple hétérosexuel et monograme et de présenter la relation de l’homme et de la femme en termes de rapport de force et de puissance plutôt qu’en termes de coopérations et de complémentarité. 

 

Extrait de : ANATRELLA, Tony (2005), Le Règne de Narcise, (Paris : Presses de la Renaissance) pp. 118-119 

 



30/03/2013
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