Pour La Dignité de la Femme

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La paix, une affaire de femmes ? par le journal la voix du nord

La paix, une affaire de femmes ?

samedi 08.10.2011, 05:16 - La Voix du Nord

|  LE TEMPS FORT |

Trois parcours, trois combats, un seul genre : des femmes. Ellen Johnson Sirleaf, Leymah Gbowee, Tawakkol Karman. Une présidente, une militante, une journaliste.

Leur point commun : la recherche de la paix. Et, à la clé, le prix Nobel qui lui rend hommage.

Les deux premières ont participé à la pacification du Liberia, en proie à une guerre civile au début des années 2000. Gbowee a initié la «  grève du sexe », tant que les hommes ne renonçaient pas aux violences. Sirleaf, élue démocratiquement, a pris la succession du dictateur Charles Taylor en 2005 et oeuvre pour la réconciliation. Aujourd'hui, le Liberia ne fait plus la guerre et refait l'amour.

Karman, elle, vit au Yémen. Elle a mené, avec d'autres, la révolte entamée en janvier contre le président Saleh. Ce dernier s'accroche toujours au pouvoir, au prix d'une sanglante répression. À travers cette journaliste, c'est tout le printemps arabe qui est salué, de Sidi Bouzid en Tunisie à Homs en Syrie.

Mais en désignant trois femmes, le comité d'Oslo a surtout mis l'accent sur cette moitié de l'humanité porteuse d'espoirs en Afrique, dans le monde arabe et sur les au-tres continents. Par son geste, le jury du Nobel paraphrase en quelque sorte Aragon : « La femme est l'avenir de l'homme ».

C'est déjà le pari fait par certaines banques de microcrédit. Leur sensibilité serait-elle aussi bénéfique en politique ? En Birmanie, Aung San Suu Kyi, Prix Nobel 1991, tient la dragée haute à la junte au pouvoir.

La guerre n'est pas la tasse de thé de ces dames, dit-on. L'art militaire, en effet, à en considérer ses auteurs, est essentiellement une affaire d'hommes.

Les troupes comptent plus de lieutenants que de « lieutenantes ». Le sexe dit faible ne représente que 15 % du personnel militaire en France.

Le combat serait alors masculin et la paix féminine. Cette théorie des genres serait bien commode si elle se confirmait. Mais les bonnes intentions, comme les mauvaises, sont partagées entre les deux sexes. Une répartition mal représentée par le prix Nobel de la paix, qui ne compte que quinze femmes parmi ses lauréats depuis 1901.

La guerre des sexes n'a cependant pas sa place dans la bienfaisance. L'époque ne sourit pas aux Nobel de la paix, qui ont perdu, il y a dix jours, Wangari Maathai (2004). Si Madame Aung San retrouve un peu de liberté ces derniers mois, Liu Xiaobo (2010) subit la répression chinoise au fond de sa cellule. Et le dalaï lama (1989) se voit refuser l'entrée en Afrique du Sud pour fêter l'anniversaire de Desmond Tutu (1984).

Qu'elle soit portée par un homme ou une femme, la liberté dérange. Raison de plus pour continuer à la partager.

Cette théorie des genres serait bien commode si elle se confirmait.

Mais les bonnes intentions, comme les mauvaises, sont partagées entre les deux sexes.



08/10/2011
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